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Les frères Serpollet, Léon et Henri, fils d'un forgeron de
Culoz (Ain), étaient mécaniciens d'instinct, passionnés
par la vapeur. En 1881, à 23 ans, Léon Serpollet "monte"
à Paris et poursuit ses recherches sur les moteurs à vapeur.
Travaillant la journée, il suit des cours au CNAM le soir et réalise
la nuit, dans sa chambre d'hôtel, le "premier modèle d'un
appareil complet, générateur et machine à vapeur".
A cette époque, on considérait que la vapeur avait toutes les
chances de l'emporter comme source d'énergie pour les véhicules
automobiles.
Une collaboration permanente s'établit entre Léon, à
Paris, et Henri qui a regagné Culoz après 5 mois de vie dans
la capitale à laquelle il n'a pu s'adapter. 600 lettres échangées
pendant 25 ans en témoignent...
En 1887, Léon Serpollet dépose un brevet pour un "générateur
instantané de vapeur", système qui élimine pratiquement
la plupart des inconvénients de la chaudière.
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En 1889, L. Serpollet passe le premier permis de conduire le 16/8/1889 à
Paris, sur son tricycle qu'il présentera à l'Exposition Universelle
de Paris, équipé d'un moteur bicylindre d'une conception entièrement
nouvelle : admission et échappement sont commandés par soupapes
; la vapeur étant fournie par le générateur (chauffe
au coke). En 1890, avec son ami Archdeacon, il se rend à Lyon aux chantiers
de La Buire, dirigés alors par Augustin Seguin, fils de Marc Seguin,
l'inventeur de la chaudière tubulaire.
Il oriente ses recherches vers d'autres moyens de locomotion : le tramway
d'abord. Un "tramcar", dès 1893 est utilisé par la
Compagnie des Tramways de Paris et du Département de la Seine sur la
ligne Porte Champerret - Saint-Denis. Deux ans plus tard, les tramways Serpollet
équipent des sociétés de transport non seulement en France,
mais à Vienne, à Stuttgart, à Genève, etc. Le
wagon automobile ensuite pour chemin de fer. Il circule à la Compagnie
des Chemins de Fer du Nord, en Allemagne, au Japon en 1896-1897.
Au moment où, en 1899, Serpollet s'associe avec le riche financier
américain Gardner, la nouvelle Société Gardner - Serpollet
se spécialise dans l'automobile car les transports publics commencent
à s'électrifier et la lutte contre le moteur à pétrole
est sévère.
Vers 1901, il met au point sur les mêmes principes un 4 cylindres à
cylindres opposés de 12 CV et une voiture équipée de
ce moteur atteindra la même année la vitesse de 101 km/h.
En 1902, "l'apôtre de la vapeur" couvrit le km en moins d'une
demi-minute sur la Promenade des Anglais. Ce record sera dépassé
quelques mois plus tard par la voiture à pétrole. Leur concurrence
est telle que les commandes déclinent.
En 1906, Gardner se retire après avoir cédé ses actions
à Darracq de Suresnes qui envisage de spécialiser le système
Serpollet sur le véhicule industriel.
Léon Serpollet disparaît le 11 février 1907 miné
par les difficultés des premières et des dernières années.
Henri poursuivit d'inlassables recherches, mourut en 1915, vivant ainsi la
réussite définitive du moteur à explosion.
L'ère de la vapeur, commencée en 1769 avec le fardier de Cugnot,
poursuivie par Amédée Bollée qui, en 1872 avec l'Obéissante,
transportait 12 voyageurs du Mans à Paris, s'est d'une certaine manière
achevée avec ce moteur Serpollet qui représentait l'ultime évolution
du moteur à pistons à vapeur.